jeudi 22 avril 2010

Science sans conscience

Cette sentence a été bien oubliée, telle est la leçon que l'on peut tirer de l'article publié par Marc Dufumier dans "Télérama"n°3144 du 17 au 23 avril, déjà commenté ici. Précisons que l'auteur n' a rien d'un quelconque "baba" : il est le successeur de René Dumont à la chaire "Agronomie comparée et développement" de l'I.N.A. Paris-Grignon, formateur de nos futures élites agronomiques.
Dufumier a beau jeu de rappeler les dégâts de l'agriculture intensive : pollutions généralisées, gaspillage et dégradation des ressources en eau, moindre qualité des produits, appauvrissement des sols (absence de restitution de la matière organique, abus de pesticides et d'engrais, labours trop profonds,etc), tout ceci pour aboutir à la désertification des campagnes et à la ruine d'innombrables exploitations agricoles ( plus de1,5million ont disparu en 40 ans). Tout ceci pour le bénéfice exclusif de quelques grands céréaliers et sucriers du Bassin Parisien, gavés des subventions de Bruxelles, de ce qu'on appelle l'agro-industrie et la grande distribution.
Un exemple ? Citons Dufumier : " Quand on veut faire épiler des canards par des robots, il faut que les canards naissent tous identiques,donc clonés, il leur faut la même alimentation, qu'ils soient apportés le même jour à l'abattoir qui ne peut les traiter que d'une seule et même façon".
Nous avons été les témoins, durant ces "Trente Glorieuses" (pas si glorieuses que ça, finalement) de l'application avec laquelle les chercheurs se sont efforcés, chacun dans son secteur et sans aucun état d'âme, d'atteindre des objectifs soigneusement cachés par ceux qui se proposaient d'en profiter.
Grâce aux travaux des zootechniciens, par exemple, on a élevé la production moyenne d'une vache (qui allait de 1000 à 3 ou 4000 kg de lait par an avant guerre à plus de 10 000kg aujourd'hui. En contrepartie, ce lait est pauvre, sans goût, traité (et maltraité de mille façons) et l'éleveur, qui, avec 100 ou 150 vaches, gagne moins que le S.M.I.C. a endetté sa famille pour des générations. Mais Nestlé se porte bien.
Autre incidente : quand le bon sens paysan (la Pratique, Monsieur !) avait, au fil des siècles, réussi à "fabriquer" la race la mieux adaptée au climat et aux aux ressources locales - c'est-à- dire, en fait, la plus "productive" pour lui, on en est arrivé à imposer partout le même "modèle d'animal" auquel on demande la plus forte croissance (production de viande), au détriment de sa rusticité (aptitude à supporter des conditions de pénurie), le même modèle d'habitat, bref, à produire plus cher partout. Dans les années 60, on appelait ça "le Progrès Technique".
Dans le même temps, les brebis du nord de l'Ecosse, n'ont jamais vu une bergerie), ce qui permet à l'agneau britannique d'être moins cher que le nôtre. Et ne parlons pas de l'agneau néo-zélandais (qui ne mange que de l'herbe et passe sa vie en plein air... mais qu'il faut,il est vrai congeler et transporter à grands frais d'énergie depuis les antipodes).

Tout cela, parce que pendant trop longtemps, la Recherche a refusé qu'on essaye d'aborder les problèmes d'un point de vue plus global, tant soit peu synthétique et qu'on se préoccupe de ce que les militaires appellent maintenant sans vergogne "les dégâts collatéraux". Dans ces conditions, rendons hommage à la lucidité (et au courage) de ce chercheur-professeur que le "modèle unique" préoccupe au plus haut point et qui ne voit d'autre avenir pour ceux qu'on n'ose plus appeler "paysans" (ils ont tellement revendiqué d'être, eux aussi, des "producteurs" !)que dans une élévation de la qualité de leurs produits et dans la diversité des productions. À supposer que ce soit maintenant l'aspiration d'un ombre croissant de consommateurs, sinon celle de Mac Do.
Discours de chevelu, d'écolo ? Propos politique ? Assurément.

mardi 20 avril 2010

perles n°3,4,et autres

Je salue l'entrée - pas très discrète , mais bien installée-dans le vocabulaire officiel courant, des adjectifs qualificatifs "récurrent, drastique" et des verbes "démarrer, "débuter" et "perdurer" (ah! celui-ci, il est beau !) en me demandant comment on avait pu se passer jusqu'alors de ces mots.
Je salue aussi l'innovation phonétique du verbe "sculpeter" proposée hier à la T.V par Mme Béatrice Shoemberg (émission "les toqués du chocolat"; À tout hasard, je lui rappelle l'indication phonétique du Petit Robert, qui recommande de prononcer :"skylte", sans oser espérer cependant qu'elle laisse tomber ce "pt" plutôt inconvenant.

mysoginie orthographique

Oh ! Monsieur le Premier ministre ! Pas vous !
Hier, au "Grand journal "de Canal+ vers 20H15 Monsieur E.Balladur a déclaré avec l'air sérieux (et même un peu plus que ça) qui suffit à le distinguer parmi les grenouilles du marais politique, ,que "quand à la réponse que je vous ai FAIT " ...élidant délibérément le "e" que j'attendais.
Une fois de plus, vous m'avez déçu.

lundi 19 avril 2010

La paix

Jean Daniel, fondateur du Nouvel Obs., homme et journaliste estimable explique à la T.V. (émission "Empreintes") que si tous les peuples veulent la paix, en réalité, c'est la sienne propre que chacun veut.Ce qui explique toutes les guerres.( Sans doute est-ce valable pour les humains entre aux au stade individuel).en est-il de même pour chacun de nous.
C'était dit avec un tel sérieux et une telle conviction que je suis promis de faire mon profit de cette sentence... jusqu'au moment où il m'a semblé que cette porte qu'on enfonçait était déjà plus que largement ouverte.
Retour au statu quo ante : problème sans solution.

jeudi 15 avril 2010

chats et chattes

Mon chat est un animal insignifiant et sans intérêt qui passe son temps à dormir, puisqu'il n'a plus le droit de rêver aux filles. (À moins que..;)Il m'aime à sa façon et je fais de même. Passons.
Je préfère parler de tous ses semblables qui ont eu la chance de conserver leurs "dignités" et qui parcourent des kilomètres, bravant tous les dangers (voitures, chiens, humains agressifs) pour assurer leur devoir de reproduction. Nous, les mâles humains, ne sommes-nous pas capables, comme eux, de nous exposer à tous les risques, à toutes les humiliations pour répondre à l'appel du désir et du sexe ? (philosophie à 3,75)
Plus intéressant me paraît l'exemple des chattes, leurs femelles, en matière d'éducation.
Combien de familles se porteraient mieux si la mère avait su, l'allaitement terminé (je veux dire vers la fin de l'adolescence), repousser leur chaton garçon ou fille à coups de griffe, pour enfin le rendre autonome. Un peu dur au début, mais tellement bénéfique pour la suite ! (même constat que plus haut).

mercredi 14 avril 2010

Je recommande

... la lecture dans le dernier numéro de "Télérama" d'un article intitulé "le monde paysan est-il condamné ?"
Son auteur est un agronome qui s'appelle Dufumier et qui - le croiriez-vous ?- entre mille remarques intelligentes, déplore que le fumier (et le jus qui va avec, qu'on appelle le lisier" soit répandu en excès en Bretagne, quand, dans toutes les régions céréalières, on a cessé d'en utiliser !
(Dans les deux cas, alerte pour l'avenir de la terre.)
Je me contente d'ajouter que Marc,Dufumier est chercheur à l'INRA, qu'il n'est pas sans courage de s'exprimer aussi librement. Il est vrai qu'il est aussi un des acteurs du fameux "Grenelle de l'Environnement. ", déjà bien oublié.
Pour ceux qui ne connaissent pas mon passé de paysan puis d'agronome et qui ne sauraient pas que je me reconnais quelques droits à traiter de ce sujet, je me propose de commenter plus longuement bientôt ce que nous dit cet homme.

Allègrement

Avant-hier, un froid de canard à Montpellier. Normal, on était en hiver.
Aujourd'hui, une chaleur estivale et menace d'orage.
Ah ! ce réchauffement climatique !